Sédentarité au travail : chiffres et risques en 2026
Sédentarité au travail : 95% des adultes à risque (ANSES), 7h assis par jour, les TMS première maladie pro. Les chiffres 2026 et comment agir.
Sommaire
L’essentiel
- 95% des adultes français sont exposés à un risque pour leur santé par manque d’activité physique ou excès de position assise (ANSES, 2022)
- Un salarié de bureau passe 4 à 6 heures assis rien qu’au travail, et jusqu’à 12 heures sur une journée complète en comptant les trajets (Santé publique France)
- Les TMS sont la première maladie professionnelle en France : près de 90% des cas reconnus, environ 1 milliard d’euros de coût pour les entreprises (Assurance Maladie, 2024)
- Bouger pendant la journée de travail est l’un des leviers les plus directs, à condition de casser la position assise plusieurs fois par semaine
On parle beaucoup de bien-être au travail, de QVCT, de santé mentale. Un sujet passe pourtant souvent sous le radar alors qu’il touche presque tout le monde : la sédentarité. Pas le manque de sport le week-end. Le simple fait de rester assis huit heures par jour, cinq jours par semaine. Les chiffres que les agences publiques publient sont sans appel, et ils concernent directement vos équipes.
Combien de temps un salarié passe-t-il assis chaque jour ?
L’étude ESTEBAN de Santé publique France a mesuré la chose précisément. Un actif passe en moyenne 4,17 heures assis pendant son temps de travail, et ce chiffre grimpe à 6,21 heures pour les métiers majoritairement de bureau.
Ajoutez les trajets, les repas et les écrans le soir, et le total explose. Chez les quadragénaires, on atteint environ 12 heures de position assise sur une journée de travail. Le temps passé devant un écran, lui, est monté de 3h10 à plus de 5 heures par jour en une dizaine d’années.
Au global, la durée moyenne de sédentarité d’un adulte français tourne autour de 7 heures par jour. C’est devenu la norme. Et c’est précisément le problème.
Pourquoi la sédentarité est-elle un risque sanitaire majeur ?
En février 2022, l’ANSES a publié un avis qui aurait dû faire plus de bruit : 95% de la population adulte française est exposée à un risque de détérioration de sa santé par manque d’activité physique, par excès de sédentarité, ou les deux. Autrement dit, seuls 5% des adultes bougent assez pour être protégés.
Les femmes sont davantage concernées : 70% d’entre elles se situent sous l’ensemble des recommandations d’activité physique, contre 42% des hommes.
Le seuil d’alerte est clair. Au-delà de 8 heures par jour en position assise, le risque pour la santé augmente nettement, même chez quelqu’un qui fait du sport par ailleurs. C’est le point que beaucoup ignorent : courir 45 minutes le soir ne neutralise pas totalement une journée entière passée sur une chaise. La sédentarité est un facteur de risque à part entière, associé aux maladies cardiovasculaires, à l’obésité, à l’hypertension, à certains cancers et à une surmortalité.
Les TMS, première maladie professionnelle en France
La conséquence la plus visible en entreprise, ce sont les troubles musculo-squelettiques. Lombalgies, douleurs cervicales, syndrome du canal carpien. L’Assurance Maladie est formelle : les TMS représentent près de 90% des maladies professionnelles reconnues, ce qui en fait la première maladie professionnelle du pays.
Les chiffres récents donnent le vertige :
- Plus de 41 900 cas reconnus en 2024, en hausse de près de 10% par rapport à 2022
- Environ 3 millions de travailleurs touchés chaque année
- 11 millions de journées de travail perdues et 1 milliard d’euros de frais en 2021, financés par les cotisations des entreprises
- Un coût moyen estimé à 21 000 euros par cas reconnu pour l’employeur
- 25% des arrêts maladie en France sont liés aux TMS
On entend parfois que le bureau est un environnement sans risque physique. C’est faux. La position assise prolongée, l’écran mal réglé, la souris, le manque de mouvement sollicitent le dos, la nuque et les poignets jour après jour. Le tertiaire produit ses propres TMS, plus silencieux que ceux du BTP, mais bien réels.
Que recommande l’OMS pour contrer la sédentarité ?
La référence reste l’Organisation Mondiale de la Santé : au moins 150 minutes d’activité physique d’intensité modérée par semaine, ou 75 minutes d’activité intense, en plus d’une réduction du temps passé assis. Cela représente environ 30 minutes par jour, cinq jours sur sept.
Rapporté aux 5% de Français qui atteignent un niveau d’activité protecteur, on mesure l’écart entre la recommandation et la réalité. C’est exactement cet écart qu’un programme d’entreprise peut combler.
Comment le sport en entreprise casse-t-il la sédentarité ?
L’intérêt du sport en entreprise, c’est qu’il amène l’activité physique là où les gens passent leurs journées. Pas besoin de compter sur la motivation individuelle après 19h. Une ou deux séances par semaine sur le lieu de travail créent un rendez-vous, une habitude, un moment collectif qui rompt la routine assise.
Certaines disciplines visent directement les zones à risque. Le Pilates en entreprise travaille le gainage profond et la posture, utile contre les lombalgies. Le renforcement musculaire compense la fonte musculaire liée à l’inactivité. Pour les équipes en télétravail, quelques exercices simples à intégrer dans la journée suffisent à fractionner le temps assis.
Au-delà de la santé, l’investissement se justifie aussi sur le plan économique. On a chiffré le retour d’un programme sport en entreprise dans un article dédié : gains de productivité, baisse de l’absentéisme, fidélisation. Mais le vrai déclencheur, pour la plupart des dirigeants qu’on accompagne, reste la santé de leurs équipes. Quand on leur montre le seuil des 8 heures assises, la discussion change de ton.
À retenir
Les 3 points clés :
- La sédentarité est un risque de masse : 95% des adultes français concernés, 7 heures assis par jour en moyenne, un seuil d’alerte dès 8 heures (ANSES)
- Les TMS coûtent cher : première maladie professionnelle, 1 milliard d’euros par an, 21 000 euros par cas, 25% des arrêts maladie (Assurance Maladie)
- Bouger pendant le travail est la réponse la plus directe : 150 minutes par semaine recommandées par l’OMS, que le sport en entreprise rend enfin accessibles à tous
Sources :
- ANSES : manque d’activité physique et excès de sédentarité (avis février 2022)
- Santé publique France : activité physique et sédentarité (baromètres et étude ESTEBAN)
- INRS : troubles musculo-squelettiques, statistiques
- Assurance Maladie (ameli.fr) : comprendre les TMS
- OMS : recommandations sur l’activité physique
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Joanna
Rédactrice spécialisée QVT
Rédactrice spécialisée en qualité de vie au travail, Joanna décrypte les études et données chiffrées pour rendre les sujets QVT accessibles aux décideurs.